Dans la nuit du 23 au 24 juin, les champs de Roumanie se couvrent de petites fleurs jaunes — les sânziene (Drăgaica). C’est la nuit où, selon la tradition, les « portes entre les mondes » s’ouvrent : les plantes acquièrent un pouvoir de guérison, les fées dansent en rond et les jeunes filles mettent à l’épreuve leur chance en amour.
Qui sont les Sânziene ?
À la fois fleurset fées: des êtres de la nuit du solstice, bonnes sœurs des Iele, mais plus douces. Elles n’apparaissent que cette nuit-là, dansant en cercle dans les champs ; là où elles ont dansé, les cultures « deviennent plus abondantes ». Quiconque les voit danser sans être « pur » (avec de mauvaises pensées, sans avoir jeûné) risque d’être « emporté » — de tomber malade du « mal des Sânziene ».
Les rituels de la nuit
- La couronne de sânziene: les jeunes filles tressent des couronnes et les lancent sur les maisons — si la couronne reste sur le toit, elles se marieront dans l’année ;
- Des fleurs sous l’oreiller — tu rêves de la personne que tu aimeras ;
- Boire la rosée — le matin, pour la santé et la beauté ;
- La cueillette des plantes médicinales — basilic, millepertuis, lavande, cununiță — « ce n’est que pendant la nuit des Sânziene qu’elles possèdent toute leur puissance » ;
- La prière de gratitude pour l’été, à l’aube.
Drăgaica — la variante du sud
En Olténie et en Munténie, la fête s’appelle Drăgaica: une jeune fille « choisie » danse avec sa couronne, entourée d’un cortège, pour protéger les cultures de la grêle. Ce qui leur plaît : la danse en rond, le chant, les plaisanteries bienveillantes. Ce qui leur déplaît : la médisance, les mauvaises pensées, la femme « envieuse ».
Les Sânziene et la fête de l’Église
L’Église a superposé au solstice la Nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin) : la lumière qui diminue et augmente — « Il faut qu’il croisse et que je diminue. » Le chrétien d’autrefois n’y voyait aucune contradiction : les sânziene cueillies le matin après l’office étaient placées près de l’icône et conservées toute l’année pour une tisane « contre la frayeur ».
Questions fréquentes
Que fait-on des fleurs de sânziene après la fête ?On les fait sécher à l’ombre, on les balance en gerbe et on les conserve pour des tisanes (calmantes, digestives) — et « pour la maison », comme protection. Selon la tradition, la gerbe de sânziene près de l’icône « tient le mal dehors pendant un an ».
Les Sânziene sont-elles aussi dangereuses ?Seulement pour ceux qui troublent leur danse ou les cherchent « avec de mauvaises intentions ». Comme toute force de la nature dans la tradition : honorée, elle est bienfaisante ; bafouée, elle devient dangereuse.