Les Iele sont les esprits féminins les plus célèbres du folklore roumain : de belles jeunes filles vêtues de blanc, qui dansent en grands cercles dans les champs, aux carrefours et sur les rives des eaux, pendant les nuits de fête. Leur chant est un enchantement, leur regard un danger, leur cercle de danse — visible le matin comme un rond d’herbe aplatie.
Qui « tombe » entre les mains des Iele ?
La tradition dit que les Iele « emportent » ceux qui les voient danser et ne se protègent pas : la personne rentre chez elle « emportée par les Iele » — l’esprit égaré, riant ou pleurant sans arrêt, parfois atteinte d’une « maladie indicible ». D’autres fois, la punition est moindre : une paralysie, une douleur qui va et vient, les « pleurs des enfants » dans leur sommeil.
Les lieux des Iele
- les frontières entre les villages (d’où le roumain « a hotărî » — se tenir à la frontière, entre les mondes) ;
- les carrefours — les trois chemins ;
- les ravins et les vallons encaissés, les grottes sèches ;
- les puits abandonnés et les « sources qui chantent » ;
- les plaines « désertes » pendant les nuits de pleine lune.
Quiconque traverse ces lieux la nuit « demande pardon » à voix basse ou récite une courte prière — personne n’y siffle ni n’y chante.
Les protections traditionnelles
- l’ail — à la ceinture, au bonnet, à la fenêtre ;
- le sel — une pincée dans la poche ;
- le mărțișor rouge noué jusqu’aux Sânziene ;
- le signe de croix et le Psaume 90 — une « arme » reconnue aussi par l’Église ;
- ne pas raconter ce que l’on a vu pendant la nuit — avant le matin.
Iele, Sânziene, Zâne — la famille des esprits féminins
Les Sânziene (douces, une fois par an), les Iele (capricieuses, tout l’été), les Zâne (jeunes filles des forêts, dispensatrices de dons), les Vâlve (maîtresses des trésors et des animaux) — toute une « famille » de puissances féminines qui ne demandent qu’une chose : le respect. Le monde villageois a connu à la fois leur terreur et leur beauté — et a appris à traverser la nuit avec du basilic sur la poitrine et une prière sur les lèvres.
Questions fréquentes
« Emporté par les Iele » — que signifie cette expression médicalement ?Le folklore décrit les symptômes de la psychose hystérique ou de l’épilepsie — des maladies autrefois incomprises, expliquées par la magie. Le remède ancien était lui aussi rituel (une incantation « contre les Iele », chez la vieille femme) ; le remède moderne est médical — et la prière reste un soutien, pas un substitut.
Pourquoi ne prononce-t-on pas « Iele » le soir ?Par respect : leur nom prononcé la nuit « les appelle ». La tradition emploie des périphrases : « les belles », « les blanches », « celles d’au-delà de la frontière ».