La sorcière roumaine exerce un métier bien vivant : en 2026 comme en 1906, des gens en costume, munis d’un ordinateur portable, gravissent des collines connues (la vallée du Teleajen, près de Vălenii de Munte ; des villages du Bărăgan ; le Maramureș légendaire) en quête d’amour, de chance ou de « libération ». La réalité tient moins d’Hollywood que de l’anthropologie — et, malheureusement, de plus en plus souvent, de l’escroquerie.
Que demandent (et que paient) les clients ?
- Le lien d’amour — l’« œuvre » la plus demandée (voir l’article consacré au sujet) ;
- La libération — retirer un sortilège ou un mauvais œil jeté par quelqu’un d’autre ;
- La chance en matière d’argent, de procès, d’examens;
- « Couper le mauvais œil » pour les enfants ;
- Des consultations de divination — dans le café, les cartes ou les grains de fèves.
Les prix vont de quelques centaines de lei à des sommes énormes — et la législation actuelle les traite fiscalement comme une profession déclarée (oui, il existe des sorcières ayant une société à responsabilité limitée et qui « émettent des factures »).
Comment reconnaître l’escroc ?
- il garantit le résultat (« cette personne reviendra à coup sûr dans 30 jours ») ;
- il demande toujours plus d’argent au fil du temps (« l’œuvre est plus puissante que prévu ») ;
- il te fait peur avec des « esprits » et « tout s’effondrera si tu ne continues pas » ;
- il promet des sortilèges contraires à la volonté d’autrui ;
- il demande des objets intimes et une discrétion totale.
La formule saine, que recommande aussi la tradition : ce qui t’appartient vient sans sortilège. Ce qui ne vient pas — ne t’était pas destiné.
Sorcière, praticienne des incantations, « doftoroaie » — les différences
La praticienne des incantations guérit (mauvais œil, peur, « honte ») ; la guérisseuse par les plantes connaît les plantes ; la sorcière « travaille » pour les désirs (amour, vengeance, chance). Le village les distingue moralement : les deux premières sont respectées, la troisième est regardée avec crainte et à distance. Leur confusion est un produit moderne de la télévision.
Ce que dit la loi et ce que dit l’Église
La loi roumaine punit l’escroquerie, pas la « magie ». L’Église orthodoxe condamne fermement les sortilèges et l’appel aux esprits, et propose son alternative : prière, jeûne, pardon, sacrement de l’Onction des malades. Pour qui sent « qu’on lui a fait du mal », la réponse de l’Église est simple : pas de contre-sortilège, mais une purification de l’âme et le Psaume 90.
Questions fréquentes
Cela fonctionne-t-il vraiment ?Psychologiquement — oui : la suggestion, la peur et l’espoir influencent réellement les gens. Au-delà de la psychologie — la science se tait, l’Église dit : « le mal existe, mais le Christ est plus fort ». Une chose est certaine : l’argent part bel et bien.
Je suis allé voir une sorcière et j’ai peur.La prière n’ajoute rien à ta peur : lis le Psaume 90, va te confesser et laisse l’histoire s’éteindre d’elle-même.